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L’examen de conscience

L’examen de conscience

Le fait de faire un examen de conscience fréquent aide le serviteur d’Allah à abandonner les péchés. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) :

« Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce qu’elle a avancé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites » (Coran 59/18).

Dans son exégèse, Ibn Kathîr expliqua : « C'est-à-dire jugez-vous vous-mêmes avant d’être jugés, et examinez les bonnes œuvres que vous avez épargnées pour le Jour du Jugement, jour où vous serez présentés à votre Seigneur, exalté soit-Il ».

Ibn al-Qayyim, qu'Allah lui fasse miséricorde, renchérit : « L’examen de conscience est de deux sortes : le premier examen est effectué avant l’accomplissement de l’acte et le second, après. Le premier consiste à ce que la personne réfléchisse au moment d’envisager l’acte et ne prenne pas l’initiative de l’accomplir avant de s’assurer que cela vaut mieux que d’y renoncer. Al-Hasan, qu'Allah lui fasse miséricorde, dit : 'Qu’Allah fasse miséricorde à un serviteur qui réfléchit au moment d’envisager un acte : si cet acte est pour Allah, il l’accomplit, et sinon, il s’en abstient ».

Et d’ajouter : « La seconde sorte d’examen de conscience intervient après l’accomplissement de l’acte et se divise en trois catégories, dont l’une consiste en l’examen des négligences ayant entaché l’acte d’obéissance et empêché qu’il ne soit scrupuleusement accompli. Pour qu’il rende dûment justice à Allah, exalté soit-Il, l’acte d’obéissance accompli doit respecter six critères : la sincérité, la loyauté vis-à-vis d’Allah, exalté soit-Il, la conformité à la Sunna du Prophète (), la bienfaisance, la gratitude vis-à-vis du bienfait d’Allah et la reconnaissance par son auteur des négligences qui l’ont entachées. Ce dernier doit faire un examen de conscience en se demandant : a-t-il rempli ces conditions ? Ont-elles accompagné son acte d’obéissance ?

D’autre part, après avoir accompli un acte licite ou habituel, le serviteur d’Allah doit se demander la raison pour laquelle il l’a accompli : cherchait-il à gagner l’agrément d’Allah, exalté soit-Il, et la récompense dans l’au-delà ? Ou visait-il un gain terrestre, perdant ainsi la véritable rétribution ? ».

Il poursuivit : « La négligence, l’abandon de l’examen de conscience, le laisser-aller et l’indolence sont les attitudes les plus périlleuses, car elles entraînent la perdition du serviteur d’Allah. Ce sont les caractéristiques des égarés : ils ferment les yeux sur les répercussions, se comportent avec nonchalance et comptent sur le pardon d’Allah, exalté soit-Il, ce qui les mènent à négliger d’effectuer un examen de conscience sincère et de calculer les conséquences de leurs actes. Ainsi, il leur devient facile de commettre les péchés, difficile de les abandonner. S’ils avaient été sensés, ils auraient su que la diète est plus facile que le sevrage et l’abandon des habitudes et des usages.

Ibn Abî Dunia rapporta qu’un homme de Quraych, descendant de Talhah ibn ‘Ubaydillah, qu’Allah soit satisfait de lui, lui dit : « Tawba ibn al-Samma était à al-Raqqa (une ville de la Grande Syrie). Comme il avait l’habitude de faire constamment son examen de conscience, il calcula un jour son âge et découvrit qu’il avait soixante ans. Quand il en compta ensuite les jours, il trouva qu’ils en comportaient 21 500. Il s’écria : 'Malheur à moi ! Je rencontrerai mon Seigneur avec 21 000 péchés ? Comment, alors que je commets chaque jour des milliers de péchés !', et il tomba mort. Les gens entendirent quelqu’un qui disait : 'Il est entré au plus haut niveau du Paradis au pas de course' ».

Somme toute, le serviteur d’Allah doit effectuer un examen de conscience, relatif aux obligations en premier lieu. S’il y découvre un défaut quelconque, il doit le pallier soit en rattrapant les actes manqués soit en réformant les actes cultuels obligatoires. Ensuite, il passe aux interdits. S’il découvre qu’il en a commis, il doit se repentir, demander le pardon d’Allah, exalté soit-Il, et accomplir de bonnes actions susceptibles d’effacer les mauvaises. Ensuite, il doit remédier à son inadvertance à l’égard de l’objectif pour lequel il a été créé. S’il trouve qu’il a commis une négligence, il doit la corriger en multipliant les évocations et en se rapprochant davantage de son Seigneur, exalté soit-Il. Ensuite, il examine les actes de sa langue, de ses pieds, de ses mains et de ses oreilles. Pourquoi un tel organe a fait ceci ? Pour qui a-t-il fait cela ? Comment ont-ils agi ? Il doit examiner chaque action et chaque parole, vérifiant à qui elles étaient adressées et comment elles ont été faites. La première question concerne la sincérité, et la seconde, la conformité à la Sunna du Prophète () dans l’accomplissement des œuvres. Allah, exalté soit-Il, dit (sens des versets) : 'Par ton Seigneur ! Nous les interrogerons tous sur ce qu’ils œuvraient' (Coran /92-93) ».

Les prédécesseurs et l’examen de conscience :

‘Umar ibn al-Khattâb, qu’Allah soit satisfait de lui, dit : « Jugez-vous vous-mêmes avant d’être jugés, et pesez vos œuvres avant qu’elles ne soient pesées, car votre Jugement de demain sera plus facile si vous faites aujourd’hui votre examen de conscience. Et préparez-vous pour le jour où vous serez exposés à Allah, et rien de vous ne sera caché » (Ahmed).

Pour sa part, al-Hasan, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Le croyant ne cesse de faire son examen de conscience et de demander à son âme ce qu’elle a voulu en accomplissant un acte quelconque, en mangeant et en achetant une chose. Quant à la personne désobéissante, elle continue à agir à sa guise sans jamais faire cet examen de conscience ». Il a dit aussi : « Maymûn ibn Mahrân précisa : « Un serviteur d’Allah n’est pas pieux tant qu’il ne demande à son âme plus de comptes qu’un homme n’en demande à son associé ».

De son côté, Mâlik ibn Dinar affirma : « Qu’Allah fasse miséricorde à un serviteur d’Allah qui dit à son âme : 'N’es-tu pas l’auteur de tel et de tel acte ?', puis se met à la blâmer, à la guider tel un chameau vers le droit chemin et à la soumettre aux enseignements du Livre d’Allah, exalté soit-Il, qui devient pour elle un guide ».

Al-Hasan, qu'Allah lui fasse miséricorde, souligna : « Le croyant est vigilant et fait toujours son examen de conscience. Seuls ceux qui font un examen de conscience pendant qu’ils sont encore dans cette vie présente seront jugés de manière clémente le Jour de la Résurrection, alors que ceux qui ne l’auront pas fait s’exposeront à de rudes épreuves ce Jour-là. Le croyant est surpris par une chose qu’il admire, mais se dit : 'Par Allah, je te désire et j’ai besoin de toi, mais par Allah, je ne peux pas t’obtenir, hélas ! Je suis empêché de t’atteindre'. Et quand il tombe dans le péché, il reprend conscience et se dit : 'Comment suis-je tombé dans cet acte ? Qu’ai-je à avoir avec lui ? Par Allah, je n’y reviendrai plus jamais'.
Les croyants sont des gens que le Coran a sauvés, il les a amenés en outre à respecter les limites sacrées d’Allah. Le croyant est un prisonnier dans ce bas monde, duquel il cherche à se libérer et dans lequel il ne fait confiance à rien jusqu’à ce qu’il rende l’âme. Il est conscient que tout ce qu’il entend, voit, dit et fait est méticuleusement compté ». (Ighâthat al-Lahfân).

Le croyant zélé qui croit en Allah, exalté soit-Il, et au Jour dernier ne néglige jamais de faire son examen de conscience et de s’imposer des restrictions dans toutes ses affaires pour gagner le salut.

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