Abou Hourayra

Abou Hourayra
170 37

 

Le maitre des mémorisateurs : Abou Hourayra

Le maitre des mémorisateurs est l'honorable Compagnon Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui. Avant d'embrasser l'islam, il s’appelait 'Abdul Chams (adorateur du Soleil). Après avoir embrassé l'islam, le Prophète () l'a appelé 'Abdur-Rahman (adorateur du Très-Miséricordieux) et lui a donné le surnom d'Abu Hurayra (le père du chaton).

Il y a une raison humoristique derrière ce surnom. 'Abdur-Rahman, qu'Allah soit satisfait de lui, était célèbre pour être bon envers les animaux. En particulier, il avait un chaton dont il prenait soin et avec lequel il se montrait attentionné. Ce chaton l'accompagnait partout. Par conséquent, on lui a donné le surnom de « père du chaton » (Abu Hurayra). Le Messager d'Allah () avait l’habitude de s'adresser à lui en utilisant ce surnom. Il a été rapporté dans un Hadith (narration) que le Prophète () lui a dit : « Viens ici, ô Abu Hurayra ! » (Al-Bukhâri)

Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, est né dans la tribu des Daws, une tribu arabe. Il s’est converti à l'islam l'année de la conquête de Khaybar, en l’an 7 de l'hégire. Après avoir embrassé l'islam, il avait l'habitude d'accompagner le Prophète () et de s'asseoir avec lui pendant de longues périodes pour apprendre de lui.

Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a essayé, à plusieurs reprises, d'inviter sa mère à embrasser l'islam, mais chaque fois, elle a refusé. Un jour qu’il l'a invitée à l'islam, elle a non seulement refusé, mais elle a insulté le Prophète ().

Par la suite, Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, s’est rendu auprès du Prophète () en pleurant et a dit :

« Ô Messager d'Allah, j'ai invité ma mère à embrasser l'islam, mais elle a refusé. Je l'ai invitée aujourd'hui, mais elle a dit des paroles sur toi qui ne m’ont pas plues. Supplie Allah de guider la mère d'Abu Hurayra ! »

Le Messager d'Allah () a dit :

« Ô Allah ! Guide la mère d'Abu Hurayra vers le droit chemin ! » 

[Abu Hurayra a raconté] :

«Je suis alors parti, me sentant optimiste, en raison de la supplication du Messager d'Allah ().

Quand je suis arrivé près de la porte, elle était fermée de l'intérieur. Ma mère a entendu le bruit de mes pas et a dit : ‘Ô Abu Hurayra ! Attends !’ Puis, j'ai entendu le bruit de l'eau. Elle a pris un bain, a mis une robe et s'est empressée de mettre son voile. Puis, elle a ouvert la porte et a dit : ‘Ô Abu Hurayra ! Je témoigne qu'il n'y a rien qui soit digne d'adoration en dehors d'Allah et que Muhammad () est Son serviteur et Messager.’»

Abu Hurayra a ajouté :

« Je suis retourné auprès du Messager d'Allah () en versant des larmes de joie. J’ai dit : ‘Ô Messager d’Allah ! Sois heureux, car Allah a répondu à ta supplication et a guidé la mère d'Abu Hurayra vers le droit chemin.’ Le Prophète () a loué Allah, L’a louangé et a dit de bonnes paroles. J’ai dit : ‘Ô Messager d’Allah ! Supplie Allah pour que ma mère et moi soyons aimés et que nous aimions Ses serviteurs croyants.’ 

Le Messager d'Allah () a dit :

‘ Ô Allah ! Fais-en sorte que ce serviteur que voici et sa mère (c'est-à-dire Abu Hurayra et sa mère) aiment Tes serviteurs croyants et fais qu’ils soient aimés de Tes serviteurs croyants [également].’  Cette supplication a été exaucée par Allah, le Tout-Puissant, à tel point que tout croyant qui a entendu parler de moi m'a aimé.» (Muslim)

Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, aimait le Jihad (combat armé pour la cause de l’islam). Il a joint les combats, a assisté à des cercles d’étude et a accompagné le Prophète (). Il était le Compagnon le plus attaché au Prophète (). Comparé à d'autres Compagnons, Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, est celui qui a mémorisé le plus grand nombre de Hadiths rapportés par le Prophète ().

L'un des Compagnons, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit à son sujet :

«Abu Hurayrah a rapporté beaucoup de Hadiths. Aucun des Muhâjirûn (émigrés de la Mecque) et des Ansar (habitants de Médine) n’[en] a rapporté autant que lui.»

Il avait l'habitude de répondre à cela par ces paroles :

« Mes frères parmi les Ansâr étaient occupés à cultiver leurs terres et mes frères parmi les Muhâjirûn étaient occupés à faire du commerce. J'avais l'habitude de servir le Messager d'Allah () en échange de ce qui pouvait remplir mon estomac. J’ai fait cela afin d’être témoin de toute situation, au cas où ils seraient absents et j’ai mémorisé [ce dont ils ont été témoins], au cas où ils oublieraient.

Le Prophète () a dit :

‘Celui qui étendra son vêtement supérieur jusqu'à ce que j'ai fini mon discours, puis le pliera (c'est-à-dire l'enroulera sur son corps), n'oubliera jamais rien de ce qu'il avait entendu de moi.’

J’ai étendu le vêtement que je portais, et par Celui Qui a envoyé Muhammad avec la Vérité (c'est-à-dire Allah), depuis ce moment-là, je n'ai jamais oublié ce que j'ai entendu de lui [c’est-à-dire le Prophète ()].» (Muslim)

Il, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit également :

« S'il n'y avait pas eu ces deux versets révélés dans le Livre d'Allah, je n'aurais jamais rien raconté.

Allah, le Très-Haut, a dit (selon la traduction du sens du verset) :

‘Ceux qui cachent ce que Nous avons fait descendre en fait de preuves et de guide après l’exposé que Nous en avons fait aux gens dans le Livre, voilà ceux qu’Allah maudit et que les maudisseurs maudissent, sauf ceux qui se sont repentis, corrigés et exposés [ce qu’ils cachaient]. D’eux, Je reçois le repentir. Car c’est Moi, l’Accueillant au repentir, le Miséricordieux.’ » (Coran 2/159-160)

Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, avait une excellente mémoire. Il était capable de mémoriser rapidement et il n’oubliait pas. Al-Châfi'i, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit à son sujet :

« Il s’agit de la personne qui a mémorisé la plupart des Hadiths à son époque. »

Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit de lui-même :

« Personne ne connait les narrations du Prophète () plus que moi, à l’exception de ‘Abdullah ibn 'Amr parce qu’il avait l'habitude de les écrire, contrairement à moi. »

Il aimait la connaissance et ses élèves lui rendaient visite jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place chez lui. Il était très estimé pour ses connaissances.

Un jour, il étendit ses jambes et dit :

« Nous sommes entrés dans la maison du Messager d'Allah () jusqu'à ce que nous ayons remplis la maison pendant que lui, il était allongé sur le côté. Quand il nous a vus, il a plié les jambes et a dit : ‘Après moi, il y aura des gens qui viendront à vous en quête de connaissances. Accueillez-les, saluez-les et instruisez-les.’» (Ibn Mâjah)

Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, était extrêmement pauvre et avait l'habitude d'attacher une pierre sur son ventre en raison de la sévérité de sa faim.

Il a dit :

« Par Allah ! J'avais l'habitude de m'allonger (m’endormir) sur le sol sur mon foie (abdomen) à cause de la faim et (parfois) je plaçais une pierre sur mon ventre en raison de celle-ci. Un jour, je me suis assis sur le chemin où les gens avaient l'habitude de marcher. Quand Abu Bakr, qu'Allah soit satisfait de lui, est passé, je lui ai posé des questions sur un verset du Noble Coran et mon seul but, en les lui demandant, était qu'il puisse satisfaire ma faim, mais il est passé et ne l'a pas fait. Puis, 'Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, est passé et je lui ai posé des questions sur un verset du Noble Coran et mon seul but, en les lui demandant, était qu'il puisse satisfaire ma faim, mais il est passé sans le faire. Enfin, Abul-Qâsim, le Prophète () est passé et a su par mon visage (que j'avais faim). Il a dit : ‘Ô Abu Hurayra !’ J’ai répondu : ‘Oui, ô Messager d’Allah !’ Il m'a dit : ‘Suis-moi.’ Il est parti et je l'ai suivi. Puis, il est entré dans la maison et j'ai demandé la permission d'entrer et j'ai été admis. Il trouva du lait dans un bol et dit : ‘D'où vient ce lait ?’ Ils lui ont dit : ‘Cela vous a été donné par tel ou tel homme (ou par telle ou telle famille)’. Il a dit : ‘Ô Abu Hirr !’ J’ai dit : ‘Oui, ô Messager d’Allah !’ Il a dit : ‘Va et invite les pauvres de la mosquée à venir chez moi’. Les pauvres de la mosquée étaient les invités de l'islam qui n'avaient ni famille, ni argent, ni personne sur qui compter. Chaque fois que quelque charité était donnée au Messager d'Allah () il le leur envoyait et n'en retirait rien. Chaque fois qu'un cadeau lui était fait, il leur en envoyait une partie et en gardait une autre pour lui-même. Cela me rendait triste, car j'espérais avoir un peu de ce lait, pour avoir des forces pour le reste de la journée. Quand les gens sont venus, je leur ai donné un peu de ce lait. Je me demandais ce qu'il en resterait pour moi-même, mais de toute façon, je ne pouvais qu'obéir à Allah et à Son Messager () alors je suis allé vers les pauvres de la mosquée et les ai appelés. Ils sont venus et ont demandé la permission au Prophète () d'entrer. Ils ont été admis et ont pris place dans la maison. Le Prophète () a dit : ‘Ô Abu Hirr !’ J’ai dit : ‘Oui, ô Messager d’Allah !’ Il a dit : ‘Prends-le et donne-le-leur.’ J'ai alors pris le bol (de lait) et j'ai commencé à le donner à chaque homme qui en buvait à satiété et me le rendait jusqu'à ce que finalement tout le groupe ait bu à satiété. J'ai ensuite placé le bol entre les mains du Prophète () et il restait encore du lait. Il a levé la tête, m'a regardé, a souri et a dit : ‘Ô Abu Hirr !’ J’ai répondu : ‘Oui, ô Messager d’Allah !’ Il a dit : ‘Il ne reste que toi et moi.’ J'ai dit : ‘Tu as dit la vérité, ô Messager d'Allah !’ Il a dit : ‘Assieds-toi et bois.’ Je me suis assis et j'ai bu. Il a dit : ‘Bois’ et j'ai bu. Il a continué à me dire à plusieurs reprises de boire, jusqu'à ce que je dise : ‘Non ! Par Allah qui t'a envoyé avec la vérité ! Je n'ai plus de place pour cela (dans mon estomac) !’ Il a dit : ‘Passe-le-moi.’ Quand je lui ai donné le bol, il a bu le reste du lait. » (Al-Boukhari)

Allah, Le Tout-Puissant, a honoré Abu Hurayra en raison de sa foi et de sa sincérité envers Allah et Son Messager (). Il a épousé la dame pour qui il travaillait avant d'accepter l'islam.

À cet égard, il a déclaré :

« J'ai été élevé comme un orphelin. J'ai émigré comme un homme pauvre et j'ai travaillé pour Busrah bint Ghazwân en échange de ma nourriture. J'avais l'habitude de les servir quand ils campaient et marchaient, en tenant les rênes de leurs montures lorsqu’ils se déplaçaient. Toutes les louanges sont dues à Allah qui a fait de la religion un moyen de rectification et a fait d'Abu Hurayra un dirigeant. »

Pendant le califat de 'Umar ibn Al-Khattâb, qu'Allah soit satisfait de lui, Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a été nommé dirigeant de Bahreïn. Il était également le vice-régent de Médine, lorsque Marwân ibn Al-Hakam, qu’Allah soit satisfait de lui, en était le dirigeant. Malgré cela, il avait l'habitude de transporter du bois de chauffage et de le vendre au marché.

Il avait l'habitude de conseiller les gens en leur enjoignant de faire le bien et en leur interdisant le mal. Une fois, il est passé par le marché et a vu des gens préoccupés par la vie de ce monde. Il s'est alors tenu au milieu du marché et a crié :

« Ô gens ! L'héritage du Prophète () est divisé, pendant que vous êtes ici ! Pourquoi n'allez-vous pas prendre vos parts ? »

Ils lui ont demandé : « Où est-ce ? » Il a répondu : « Dans la mosquée. » Les gens se sont alors précipités vers la mosquée, puis sont revenus. Il leur a demandé : « Pourquoi êtes-vous revenus ? » Ils dirent : « Ô Abu Hurayra ! Nous sommes entrés dans la mosquée et n'avons rien vu y être divisé. » Il leur a demandé : « Qu'avez-vous vu ? »

Ils ont répondu :

« Nous avons vu des gens prier, d'autres réciter le Coran et d'autres étudier ce qui est licite et illicite. »

Abu Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « C'est ça l'héritage de Mohammed. »

Il n'a pas cherché, dans la vie de ce bas monde, autre chose que l'agrément d'Allah et l'amour de Ses serviteurs musulmans, jusqu'à sa mort. Quand il était mourant, il a pleuré de désir [de rencontrer] son Seigneur.

Lorsqu'on lui a demandé la raison de ses larmes, il a répondu :« [Je pleure] en raison du peu de provisions [que j’ai préparées], alors que le voyage est long. »

Il a également dit :

« Ô Allah ! J’ai envie de Te rencontrer, aie donc envie de me rencontrer [également] ! »Il est mort en 59 de l'hégire (il a été dit aussi qu’il et mort en 57 de l’hégire), à l’âge de 78 ans. Il a été enterré à Al-Baqi’, après avoir propagé la connaissance religieuse sur tout le territoire [musulman] et rapporté plus de 5000 Hadiths.

Articles en relation