Statut de qui fait un don à son fils et meurt avant de lui avoir remis
Fatwa No: 421966

Question

Un homme est mort et a laissé derrière lui un garçon et trois filles ainsi que sa femme qui est la mère des enfants. Quelques mois après la mort de cet homme, le seul garçon informe les autres soudainement que le père lui a fait don d’un terrain agraire d’une surface d’un feddan sur les deux que le terrain comptait (un feddan représente approximativement 4200m2). Mais il n’en avait pas pris possession ni ne l’avait utilisé du vivant du père.
Quel est le statut de la religion sur cette affaire et comment doit-être réparti l’héritage ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
A partir du moment où le fils n’avait pas pris possession du terrain du vivant du père ni ne l’avait utilisé comme si c’était le sien, alors ce terrain fait partie des biens de l’héritage et il n’a pas le droit de le considérer comme étant sa seule propriété en dehors des autres. Mais il doit associer les autres héritiers au partage de ce terrain. Ceci en vertu d’un hadith de Aisha, qu’Allah soit satisfait d’elle, qui rapporte que son père Abu Bakr, , lui avait fait don de 20 Wisq de dattes (unité de mesure correspondant environ à 130 kg) des biens qu’il possédait de la région de Al-‘Aliya (au nord de Médine). Alors qu’il agonisait, il dit à sa fille : Ma petite fille, je t’avais fait don de 20 Wisq de dattes et si tu les avais utilisés ou pris en ta possession il t’appartiendrait aujourd’hui. Mais vu que tu ne l’as pas fait, ils font partie des biens de mon héritage. Partagez-le donc selon les règles du livre d’Allah. (Muwatta de Malik).
Aussi, il est dit dans al-Mughnî : ‘ Si le donateur ou le donataire décède avant qu’il y ait eu prise en possession alors le don est caduc.’ Fin de citation.
Quand on parle de prendre possession du bien ou de le faire sien cela signifie que le donataire doit en faire usage et que le donateur n’y ait plus rien à voir. Or, rien de tout cela n’est arrivé dans le cas cité dans cette question.
En conséquence, tout ce que le défunt a laissé devra être partagé entre les héritiers et notamment les deux feddans de terre agraire. L’épouse aura droit au huitième de l’héritage et les enfants se partageront le reste, le garçon ayant droit à une part égale à celle de deux filles.
Et Allah sait mieux.

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