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Jugement sur le développement d'applications électroniques utiles comportant certaines parties interdites

Question

Je suis développeuse d'applications électroniques. Je travaillais sur une application unique regroupant plusieurs sections : jeux, questionnaires, chat, boutique et un compteur de points (ce sont des sections licites/halal). Cependant, l'application elle-même contient également une « roue de la fortune » (jeu de hasard/pari) et la possibilité d'emprunter des points au sein de l'application. Le solde et le compte sont uniques et utilisés dans toutes les sections, sans séparation technique entre elles.
J'ai cessé d'y travailler lorsqu'il m'est apparu que les jeux de hasard et l'emprunt faisaient partie du même système. Est-il permis par la charia de travailler ou de développer uniquement les parties licites (jeux, questionnaires, chat, boutique), malgré la présence de ces parties interdites dans la même application et l'utilisation d'un solde commun ? Par ailleurs, le propriétaire de l'application m'a demandé — alors que je ne travaille plus pour eux — de réinitialiser (mettre à zéro) les points des utilisateurs dans la base de données, après en avoir informé les utilisateurs. L'exécution de cette demande est-elle licite ou non ? Qu'Allah vous récompense par un bien.

Réponse

Louange à Allah, et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Si cette application possède une utilité principale (originelle) et que les autres services sont accessoires, le jugement du travail dépend d'abord du jugement de cette utilité principale : si elle est interdite, le travail est interdit ; si elle est autorisée, le travail est permis à condition de se limiter à ce qui est licite et d'éviter de traiter directement ce qui est lié au haram.


S'il n'y a pas d'utilité principale prédominante, le principe de base est la permission d'y travailler, en se limitant au licite et en évitant de s'occuper de ce qui est interdit. Sauf si l'utilisation interdite prévaut sur l'usage global de l'application ; dans ce cas, il n'est pas permis d'y travailler, car l'on tient compte de l'usage majoritaire.


L'imam Al-Shawkani a déclaré dans Al-Bahth Al-Musfir : « Il ressort des preuves qu'il est interdit de vendre toute chose dont l'utilité est exclusivement limitée à un usage interdit [...], ou dont l'utilité n'est pas limitée mais dont l'usage majoritaire est consacré au haram [...]. Dans ces cas, la vente est interdite. » Il cite notamment l'interdiction du commerce des servantes chanteuses : bien que leur utilité ne soit pas exclusivement interdite, l'usage majoritaire étant illicite, le Législateur a appliqué au tout le jugement de la majorité.


Concernant la réinitialisation des points des utilisateurs dans la base de données après les en avoir informés, l'impact et l'objectif exact de cette action ne nous apparaissent pas clairement. Cependant, on peut dire de manière générale : si le propriétaire de l'application et les utilisateurs se sont accordés sur ce point, le principe de base est que cela est valide et autorisé.


Et Allah sait mieux.

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