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La zakât de celui qui participe à des projets commerciaux, dont certains sont déficitaires, et qui a des dettes

Question

Je possède une somme d’argent dépassant le nisâb de la zakât, et je suis associé avec cet argent dans trois petits projets commerciaux, sans autre source de revenu.
Depuis environ six mois, deux de ces projets subissent d’importantes pertes, tandis que le troisième ne génère pas suffisamment de revenus pour couvrir les dépenses du foyer. Le moment de s’acquitter de la zakât est arrivé, mais j’ai des dettes envers certains amis sous forme de prêts, en raison de difficultés financières.
Je ne dispose pas actuellement de liquidités pour payer la zakât, car ces fonds ne sont pas entre mes mains. Mon associé m’indique qu’il n’y aura pas de liquidités avant environ trois mois, si la situation s’améliore. Je ne sais donc pas quoi faire, d’autant plus que les créanciers doivent être remboursés.
Par ailleurs, j’avais l’habitude d’inclure dans le calcul de la zakât tous les actifs de ces projets — comme les équipements de travail, les réfrigérateurs, les étagères, les contenants vides, ainsi que ma part dans les coûts d’aménagement du local loué —. Mais si je les exclus, et en tenant compte des sommes n’ayant pas encore atteint une année, des pertes et des dettes, il se peut que je n’atteigne plus le nisâb.
Je n’agissais pas ainsi auparavant, mais mes circonstances ont changé, et ma conscience me reproche de ne pas payer la zakât. Même mes proches et mes voisins, qui avaient l’habitude d’en bénéficier, commencent à s’interroger.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Votre question comporte plusieurs points que nous allons clarifier :
Premièrement :
Sachez que le seuil du nisâb correspond à la valeur de 85 grammes d’or pur, ou de 595 grammes d’argent pur. La référence retenue par la majorité des savants est le seuil le plus bas, car il est plus favorable aux pauvres.
Ainsi, dès que votre patrimoine atteint le niṣâb de l’argent — puisqu’il est actuellement le plus bas — et qu’une année lunaire s’est écoulée, la zakât devient obligatoire.


Deuxièmement :
Concernant la déduction des dettes du montant soumis à la zakât, les oulémas divergent. L’avis que nous retenons est celui des malikites : si vous possédez des biens non essentiels pouvant être utilisés pour faire face à la dette, vous devez payer la zakât ; sinon, aucune zakât ne vous incombe si, après déduction de ce qui correspond à la dette, il ne reste pas un montant atteignant le nisâb.


Troisièmement :
Les biens qui ne sont pas destinés au commerce — comme les actifs mentionnés dans votre question — ne sont pas soumis à la zakât. Celle-ci ne concerne que les liquidités disponibles, que ce soit entre vos mains ou celles de vos associés, ainsi que les marchandises destinées au commerce. Ces éléments sont additionnés, puis soumis à la zakât s’ils atteignent le nisâb après déduction des dettes, dans le cas où vous ne possédez pas de biens pouvant couvrir ces dettes.


Quatrièmement :
Si la zakât devient obligatoire mais que vous ne disposez pas de liquidités pour vous en acquitter, il ne vous est pas reproché de retarder son paiement jusqu’à ce que vous disposiez des fonds nécessaires.


Et Allah sait mieux.

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