Bonjour, j’ai déjà une petite fille avec ma copine et une année après elle m’informe qu’elle est à nouveau enceinte et chez mes parents, peulhs, notre coutume n’accepte pas le fait de marier une fille avec laquelle t’as fais un enfant hors mariage que dois-je faire ? Pouvons-nous avorter du deuxième enfant en route pour atténuer les tensions qui risquent d’y avoir dans nos deux familles s’ils venaient à le savoir ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Sachez tout d’abord que l’Islam interdit ce que l'on appelle "l'amitié" avec une femme étrangère (non-mahram), car elle constitue l'une des plus grandes causes de mal et de corruption. La fréquentation d'une femme sur la seule base de cette relation est considérée comme de la fornication (Zina), et la fornication compte parmi les turpitudes les plus odieuses. Allah le Très-Haut dit :
« Et n'approchez point la fornication. En vérité, c'est une turpitude et quel mauvais chemin ! » (Coran 17/32).
L'enfant issu de cette relation n'est pas un enfant légitime ; il s'agit d'un enfant né hors mariage qui ne peut être affilié au géniteur, mais doit être affilié à sa mère. Il vous incombe donc à tous deux de vous empresser vers un repentir sincère et de rompre cette relation, par crainte de mourir dans la désobéissance et de connaître une fin malheureuse.
Il vous est permis de vous marier après vous être repentis et avoir observé le délai de viduité (Istibra’). Si les parents s'opposent au mariage avec elle, le principe de base est l'obligation de leur obéir, sauf si l'on craint un préjudice en renonçant à ce mariage ou si le cœur lui est trop attaché. Il est préférable de s'efforcer de les convaincre et de ne pas se précipiter à s'opposer à eux.
Il n'est pas permis de provoquer l'avortement du fœtus, quel que soit son stade de développement ; c'est l'avis prépondérant chez nous et celui que nous émettons dans nos fatwas. Cette interdiction est d'autant plus stricte une fois que l'âme a été insufflée dans le fœtus. Les savants ont déclaré illicite l'avortement dans ce cas, sauf en cas de nécessité absolue, comme la mise en péril de la vie de la mère.
Certains savants ont toutefois autorisé — en présence d'une excuse valable — l'avortement avant l'insufflation de l'âme, et d'autres l'ont permis avant le quarantième jour pour un motif valable également.
Vous n'avez pas précisé la nature exacte des "tensions" susceptibles d'éclater entre les deux familles. De manière générale, les savants ont indiqué qu'il est permis de recourir à une dispense légale en cas de besoin pour écarter une situation de gêne excessive. Nous vous conseillons de consulter de vive voix un savant de votre région.
Et Allah sait mieux.
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