Salem Alikoum. Je suis une femme célibataire sans enfant. J'ai 2 frères et 4 sœurs. Quels sont les règles d'héritages après mon décès, afin de laisser un testament en règle avec l'islam ? Sachant que j'ai un bien immobilier et de l'argent. Comment répartir ces biens ? Bakara Allahou fikoum pour la réponse.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Quant à la question de savoir comment agir et laisser un testament valide, il est recommandé à la personne aisée de léguer à un non-héritier une part ne dépassant pas le tiers de sa succession après sa mort.
En effet, selon un hadith de Mu’adh ibn Jabal, le Prophète (
) a dit :
«Certes, Allah vous a fait aumône du tiers de vos biens au moment de votre mort, en guise d'augmentation de vos bonnes actions, afin d'en faire pour vous une purification de vos œuvres. » (Rapporté par Al-Daraqutni. Ibn Majah l'a également rapporté d'après le hadith d'Abu Hurayra).
Et cette aumône, s'il s'agit d'un leg pieux continue (Waqf), constitue une source perpétuelle de récompenses après la mort. Le Prophète (
) a dit :
« Quand l'homme meurt, ses œuvres s'arrêtent sauf dans trois cas : une aumône continue, une science dont les gens tirent profit, ou un enfant pieux qui prie pour lui. » (Rapporté par Al-Tirmidhi, Al-Nasa'i, Ibn Hibban et d'autres).
Dans un autre hadith rapporté par Ibn Majah dans ses Sunan :
«Parmi les œuvres et les bonnes actions qui suivent le croyant après sa mort : une science qu'il a enseignée et propagée, un enfant pieux qu'il a laissé, un exemplaire du Coran qu'il a légué en héritage, une mosquée qu'il a construite, une demeure qu'il a bâtie pour les voyageurs en détresse, un fleuve qu'il a fait couler, ou une aumône qu'il a versée de ses biens de son vivant et en pleine santé ; tout cela le rattrape après sa mort. »
Nous vous conseillons donc — si vous êtes aisée, comme nous l'avons compris de votre question — de rédiger un testament et de le faire attester par des témoins afin qu'il soit authentifié. Vous pouvez y léguer l'usufruit de certains de vos biens immobiliers — à condition que cela ne dépasse pas le tiers de la totalité de vos biens (argent, immobilier, etc.) — au profit des pauvres, des nécessiteux, pour la propagation de l'Islam, la construction d'une mosquée, le creusement de puits pour les démunis, ou d’autres œuvres de bienfaisance similaires.
Quant aux règles de l'héritage après votre décès, si vous entendez par là la manière dont vos biens seront partagés après votre mort, cela nécessite de recenser les héritiers de façon rigoureuse. Or, tant que vous êtes en vie, il est impossible d'établir la liste définitive de vos héritiers. En effet, une personne que l'on pense devoir hériter de vous pourrait mourir avant vous. De même, vous pourriez vous marier et avoir de nouveaux héritiers qui n'existent pas actuellement, comme un époux, un fils ou une fille. C'est pourquoi il convient de ne pas se livrer à des conjectures sur le partage des biens d'une personne vivante.
Cependant, à supposer que vous ne laissiez à votre mort d'autres héritiers que deux frères et quatre sœurs — qu'ils soient tous des frères et sœurs germains (de mêmes père et mère) ou tous consanguins (du même père), et qu'ils soient tous musulmans —, la succession (après prélèvement du legs testamentaire si vous en avez fait un) sera partagée entre vertu des droits d’agnation (Ta'sib), la part de chaque frère valant celle de deux sœurs, conformément à la parole d'Allah le Très-Haut :
« Et s’ils ont des frères et des sœurs, à l’homme alors revient une part égale à celle de deux femmes. Allah vous donne ces explications pour que vous ne vous égariez pas. Et Allah est Omniscient. » (Coran 4/176).
Et Allah sait mieux.
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