Preuve de l’amour du Prophète

18/09/2012| IslamWeb

1. 'Urwa ibn al-Zubayr rapporte qu'il a dit à Abdallah ibn 'Amr ibn al-'Âs : « Parle-moi du plus mauvais traitement que les polythéistes aient jamais fait subir au Messager d'Allah ? » Il me répondit ainsi : « Alors que le Messager d'Allah ( ) faisait la prière dans la cour de la Ka'ba, un certain 'Ukba ibn Abû Mu'ayt s'introduisit subitement, saisit le Messager d'Allah par l'épaule et se mit à lui tordre les vêtements autour du cou, l'étrangla violemment. Sur ces entrefaites, Abû Bakr arriva et saisit l'agresseur par l'épaule pour défendre le Prophète en répétant le verset de la sourate Ghafir : « Tuez-vous un homme parce qu'il dit : “Mon seigneur est Allah” ? Alors qu'il est venu à vous avec les preuves évidentes de la part de votre Seigneur. » (Sahîh Boukhari).
2. Ayant été capturé par les polythéistes alors qu'il était dans une expédition, Zayd ibn al-Dathina, fut expulsé manu militari du Harâm pour être décapité. Alors un groupe de Qurayshites s’est rassemblé autour de lui. Abû Sufiyân ibn Harb qui en faisait partie lui dit alors : « Je te demande par Allah, ô Zayd, de me dire si tu aimerais que Muhammad soit maintenant à ta place en train de subir le même sort que toi et que toi tu sois parmi ta famille ? ». Il répondit : « Je jure par Allah que je ne souhaite pas que Mohammed, là où il se trouve maintenant, soit piqué par une petite épine alors que je serais parmi les miens ! ». Alors Abû Sufiyân dit : « Je n'ai jamais vu quelqu'un aimer quelqu'un plus que les Compagnons de Mohammed ( ) l'aiment ! » (Biographie du Prophète, Ibn Kathîr, c 3/128).
3. Un homme des Ansars vint voir le Messager d'Allah ( ) pour lui dire : « A vrai dire, je t'aime plus que ma propre personne, plus que mon fils, ma famille et mes biens et j'avoue que si je ne m'étais pas déplacé personnellement pour venir te voir et pour me rassurer je pensais que j'allais mourir. Ensuite, il s'est mis à pleurer. Le Prophète ( ) lui dit alors : « Pourquoi pleures-tu ? » « Je me suis rappelé", dit-il, qu'un jour tu mourras et que nous aussi nous mourrons et que tu seras dans une position élevée avec les Prophètes, tandis que nous autres, si nous entrons au Paradis, nous serons tous dans une position inférieure à la tienne et de ce fait nous ne pourrons plus te voir ». Le Prophète ( ) ne lui dit rien sur le coup. Peu après Allah, exalté soit-Il, lui révéla le verset suivant : « Quiconque obéit à Allah et au Messager […] ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels compagnons que ceux-là ! » (Coran 4/69).
Le Prophète ( ) l’appela et lui dit alors : « Tiens, voilà donc une bonne nouvelle pour toi ! » (Rapporté par al-Bayhaqî dans Chu'âb al-Imân).
4. On rapporte qu'alors qu'il était en train d'organiser les rangs de ses Compagnons le jour de Badr, le Messager d'Allah passa à côté de Sawâd ibn Ghaziyya, un allié des Banî 'Adiyy al-Najjâr. Comme celui-ci était un peu détaché des rangs, le Messager d'Allah lui donna un léger coup au ventre avec un petit bâton en lui intimant cet ordre : « Tiens-toi correctement Ô Sawâd. » Sawâd lui dit : « Ô Messager d'Allah ! Tu m'as fait mal, toi dont la mission repose pourtant sur la justice et l'équité. Rends-moi justice. » Le Prophète ( ) lui dit : « Vas-y prends ta revanche. » Sawâd dit : « Ô Messager d'Allah ! Tu m'as frappé alors que mon ventre n’était pas protégé (par des vêtements). ». Le Messager d'Allah ( ) découvrit alors son ventre en lui disant : «Prends ta revanche. » Sawâd se précipita sur le ventre du Prophète ( ) et se mit à l'embrasser. Le Prophète ( ) lui dit alors : « Qu'est-ce qui t'a poussé à agir de la sorte, ô Sawâd. » « Ô Messager d'Allah !, reprit Sawâd, la situation étant ce qu'elle est, je n'exclus pas que je sois mort, en conséquence je voulais que, lors de ma dernière rencontre avec toi, nos deux peaux se touchent. » Sur ce, le Prophète ( ) pria Allah de lui octroyer du bien. » (Rapporté par Abû Na'îm dans le livre Connaître les Compagnons et jugé bon par al-Albânî).
Il nous incombe donc, alors que nous célébrons l'anniversaire de la naissance de Mohammed ( ) le bien-aimé, de nous interroger sur la nature de notre relation avec lui et avec son message. En particulier, on doit nous demander s'il s'agit d'une relation permanente ou seulement occasionnelle ? Ou bien s'agit-il d'une relation d'amour sincère pour le Prophète ( ) dont l'impact se répercute sur notre comportement, nos mœurs et nos actions, relation comparable sinon identique à celle qui, jadis, existait entre le Prophète ( ) et ses Compagnons.
Exprimant son amour pour le Prophète ( ) un grand poète dit :
Tous les cœurs au bien-aimé aspirent, et j’ai pour cela des témoins et des preuves. Les preuves quand je mentionne le nom de Mohammed, ce sont les larmes des gnostiques coulant en fleuves. Voici le Messager d’Allah, Voici l’Elu ! Voici l’Envoyé du Seigneur des mondes. Ô Messager d'Allah, ô étendard de la guidance ! L’amant au cœur embrasé vient chercher refuge dans ta citadelle.
Chers frères, avant de vous quitter nous vous rappelons la nécessité de multiplier prières et bénédictions sur l'Envoyé porteur de la lumière et par lequel le ciel et la terre ont été honorés ; car la prière pour le Prophète ( ) est une obligation, un acte de dévotion et un motif de satisfaction de notre Seigneur, exalté soit-Il.
 

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