Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Ce prêt usuraire constitue un péché dont il est obligatoire de se repentir. Cette obligation ne concerne pas seulement l’emprunteur, mais également le garant qui l’a aidé et a contribué à la réalisation de ce prêt.
Quant à la question posée, la réponse est la suivante : les sommes qui ont été prélevées sur vous ont valeur de dette à la charge de l’emprunteur. Or, le retard de paiement d’un débiteur solvable est une injustice manifeste, comme l’a dit le Messager d’Allah (
) :
« Le retard du riche (dans le paiement) est une injustice. » (Rapporté unanimement.)
Cependant, cette injustice ne rend pas licite la perception d’une somme supérieure au montant principal de la dette. Il convient plutôt de porter l’affaire devant le tribunal afin qu’il soit sanctionné et discipliné — par l’emprisonnement ou toute autre mesure — pour l’obliger à s’acquitter de son obligation, conformément à la parole du Prophète (
) :
« Le retard du débiteur solvable rend licite son honneur (à la critique) et sa sanction. »
(Rapporté par an-Nasâ’î, Abû Dâwûd, Ibn Mâjah, Ahmad, et mentionné par al-Boukhârî de manière suspendue ; hadith jugé bon par al-Albânî.)
An-Nawawî a dit dans son commentaire de Mouslim :
« “Rend licite son honneur” signifie qu’on peut dire : il m’a lésé et il retarde le paiement.
“Et sa sanction” signifie l’emprisonnement et la discipline. »
Al-Khattâbî a dit dans A‘lâm al-Hadîth :
« “Sa sanction” signifie qu’on peut l’emprisonner jusqu’à ce qu’il restitue le droit. »
Ibn ‘Abd al-Barr a dit dans Al-Istidhkâr :
« L’emprisonnement jusqu’à ce qu’il paie, ou qu’il établisse son insolvabilité ; auquel cas il devra bénéficier d’un délai. »
Entre également dans le cadre de la sanction le fait de prendre l’équivalent de son droit sur les biens du débiteur retardataire, même sans son autorisation.
Ibn ‘Abd al-Barr a dit dans At-Tamhîd :
« Il peut être sanctionné par la prise de ce qu’il détient de ses biens, s’il lui est possible de récupérer son droit sans son autorisation, de quelque manière que ce soit, conformément à la parole d’Allah :
“Et si vous punissez, alors punissez à hauteur de ce que vous avez subi.” »
En revanche, le débiteur véritablement insolvable et incapable de payer ne peut faire l’objet d’aucune sanction.
An-Nawawî a dit dans son commentaire de Mouslim :
« Le retard du non-riche n’est ni injustice ni illicite, conformément au sens implicite du hadith. » (Voir également la fatwa n° 60522 .)
Et Allah sait mieux.