Le père viole-t-il son serment de divorce si son fils demande en mariage une jeune fille qu'il lui avait indiquée avant de jurer ?

20-7-2026 | IslamWeb

Question:

Mon père cherchait une épouse pour moi. Suite à mon refus lors d'un appel téléphonique avec lui, il est rentré à la maison, a déjeuné, est entré dans sa chambre, et au bout d'une demi-heure il en est sorti (ce qui signifie qu'il a mûrement réfléchi au sujet avant de sortir). Il nous a réunis, ma mère et moi, et a dit : « Que le triple divorce me soit applicable concernant ta mère, je ne supporterai plus jamais de ta part un tel sujet, et je ne chercherai plus pour toi une épouse. Si tu veux chercher, cherche toi-même avec ta mère ; je vous accompagnerai, mais je ne chercherai pas. » Ensuite, il a voulu revenir sur son serment. Cela est-il permis ?
Avant le serment, il avait repéré une autre jeune fille pour moi. Après avoir juré, il m'a demandé d'aller moi-même voir son père pour lui parler. Cela est-il permis, ou bien considère-t-on que la démarche émane de lui, ce qui l'interdirait ?
Sachant que ma mère tient absolument à ce que je n'aille pas voir cette jeune fille dont il avait parlé avant le serment, par précaution et pour éviter que le divorce ne soit prononcé. Toutefois, mon père affirme que cette affaire est ancienne et que, lorsqu'il a juré, il n'avait pas l'intention d'y inclure les recherches antérieures.

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


L'avis juridique sur lequel nous nous fondons est que si le mari jure par le divorce au triple, puis viole son serment, son divorce est prononcé trois fois et sa femme en est séparée de manière irrévocable (séparation majeure, ou baynouna koubra). Il n'a alors plus le droit de la reprendre à moins qu'elle n'épouse un autre homme dans le cadre d'un mariage authentique (et non un mariage d'arrangement destiné à la rendre licite au premier mari — tahlil), que ce nouveau mari consomme le mariage, puis qu'il divorce d'elle ou décède, et que sa période de viduité ('idda) s'achève.


Ceci s'applique que le mari ait eu l'intention de rendre le divorce effectif, ou que son serment ait eu pour but de menacer, d'insister, ou autre. C'est l'avis de la majorité des savants, y compris les quatre imams, qu'Allah leur fasse miséricorde.


Certains savants, à l'instar de Cheikh Al-Islam Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde), considèrent que le serment de divorce prononcé dans le but de menacer ou d'insister — et non dans l'intention de divorcer — ne rend pas le divorce effectif, mais sa violation exige une expiation pour serment (kaffarat yamin). En revanche, s'il a bien l'intention de divorcer tout en employant le terme « triple », un seul divorce est prononcé.


L'avis prépondérant selon nous est que ce qui est pris en compte dans les serments, c'est l'intention de celui qui jure, et non pas seulement le sens apparent de ses mots. Ainsi, l'intention permet de restreindre un terme général et de généraliser un terme spécifique. Si l'intention n'est pas claire, c'est la cause ayant motivé le serment qui en tient lieu.


Par conséquent, dès lors que votre père a eu pour intention, par son serment, de s'abstenir de chercher une épouse pour vous à l'avenir, et qu'il ne visait pas les recherches antérieures au serment — tant que telle était son intention —, il vous est permis d'aller demander en mariage cette jeune fille que votre père vous avait indiquée. Votre père ne viole pas son serment par cela, et son divorce n'est pas prononcé.


Nous soulignons toutefois que le serment de divorce peut entraîner des conséquences regrettables, surtout s'il est prononcé au triple. Il incombe à la personne, lorsqu'elle jure, de ne jurer que par Allah.
En effet, il est rapporté d'après Abdullah ibn Omar (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) que le Messager d'Allah () a dit : « Que celui qui jure, jure par Allah ou qu'il se taise. » (Rapporté par Al-Boukhari).


Et Allah sait mieux.

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