Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le fait de prononcer à voix haute la demande de protection (al-isti'âdha) avant la récitation de la sourate Al-Fatiha lors d'une prière à voix haute (jahrîya) n'est pas obligatoire. Nous ne connaissons aucun avis qui l'impose ; au contraire, la majorité des savants considèrent que l'isti'âdha elle-même n'est pas une obligation en soi.
Ceux qui considèrent qu'elle est légiférée divergent sur la question de savoir s'il faut la prononcer à voix basse ou à voix haute. Quoi qu'il en soit, le fait de la dire à voix basse ou à voix haute n'entraîne pas de prosternation de distraction (soujoûd as-sahw). Ibn Qoudâma a déclaré dans Al-Moughnî, au sujet de la demande de protection durant la prière :
« Quelle que soit la formulation utilisée pour la demande de protection, elle est louable ; toutefois, on la prononce à voix basse et non à voix haute. »
L'imam An-Nawawî a également précisé dans Al-Majmoû' :
« Si le fidèle dit : "Je cherche refuge auprès du Tout-Miséricordieux contre le Diable" ou "Je cherche refuge par les paroles d'Allah contre le Diable banni", cela est suffisant. Si la prière est à voix basse (sirrîya), il n'y a aucune divergence sur le fait de la dire à voix basse. S'il s'agit d'une prière à voix haute, il existe deux voies :
1. La première, soutenue par Aboû 'Alî al-Tabarî et l'auteur d'Al-Hâwî, préconise qu'il est recommandé de la dire à voix basse de manière unanime, à l'instar de l'invocation d'ouverture (dou'â al-iftitâh).
2. La seconde, qui est la plus correcte et la plus célèbre, comporte trois avis : (a) l'avis prédominant veut qu'il soit recommandé de la dire à voix basse, (b) le second avis préconise la voix haute car elle suit la récitation et ressemble en cela au Âmîn (comme lorsqu'on récite le Coran hors de la prière où la voix haute est requise), (c) le troisième avis laisse le choix entre la voix haute et la voix basse sans préférence. »
En conclusion de ce qui précède, le fait de prononcer la demande de protection à voix haute ou à voix basse lors d'une prière à voix haute est une question de latitude. Celui qui la prononce à voix haute ne voit pas sa prière annulée, et celui qui la prononce à voix basse a une prière valide et n'est redevable d'aucune prosternation de distraction.
Et Allah sait mieux.